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Sarah Doraghi ©cyrus atory

Sarah Doraghi « La voix de Muriel Robin, quel super pouvoir ! »

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Bonjour Sarah, dans ton spectacle « Je change de file », tu évoques la France qui t’a accueillie à l’âge de 10 ans. Quelles images tu gardes en tête de cette période ?

Mes parents étaient déjà venus en France mais nous, les enfants, on ne connaissait pas ce pays. Quand on est arrivé, c’était un peu dingue pour nous, on ne comprenait pas si on était là pour des vacances ou si on était là pour rester. D’autant plus que je suis la plus petite des trois filles qu’on eues mes parents donc il n’était pas prévu que je reste ici. A cet âge-là, je me disais que ça ressemblait à des vacances qui au final ont duré beaucoup plus longtemps que ce que j’aurais imaginé. On n’a pas forcément compris ce qui nous arrivait. Quand tu es parent et que tu es dans l’urgence de mettre des enfants à l’abri, tu n’as pas forcément le temps de tout expliquer.

 

Sur scène, tu t’amuses beaucoup des clichés sur l’Iran, quelle est la chose la plus insolite que tu ais entendu sur ce pays ?

Dans le top des choses les plus originales, on retrouve étrangement beaucoup d’idées reçues sur l’alimentation. Ça donne des interrogations du type « Vous avez du maïs en Iran ? » ou encore « On trouve du poulet chez vous ? ». Quand j’étais enfant, et j’en parle dans le spectacle, je me souviens de la maman d’une amie qui me faisait la présentation d’un réfrigérateur ou d’un interrupteur comme si je n’avais jamais vu ça de ma vie. Elle n’avait probablement pas compris que mes parents n’avaient pas quitté le pays pour des raisons économiques et que l’on avait une grande et belle maison en Iran…

 

« On nous a transmis l’amour de la France très jeunes »

Et inversement, comment voyait-on la France depuis l’Iran ? 

Ma mère était dingue de la France ! Comme beaucoup de femmes de son milieu social à l’époque, elle venait à Paris faire du shopping et profiter de petites escapades. Mon grand-père maternel parlait français et adorait la culture française. Je pense que cet amour du pays et cette double culture franco-iranienne nous ont été transmis très jeunes.

 

As-tu des nouvelles de la maman de Sophie dont tu parles dans ton spectacle ?

Je n’ai pas de nouvelles mais en réalité pour être tout à fait précise, la maman de Sophie est un mix de tout ce que j’ai pu entendre pendant les premières années en France. Ce n’était pas évident de citer la maman de Laure, puis la maman de Marie, la maman d’untel donc j’ai tout concentré sur la mère de Sophie, elle a tout pris (Rires) En revanche, il y a eu aussi énormément de messages positifs et de bons moments partagés avec des personnes merveilleuses en France. On m’a transmis la culture française et ses valeurs avec beaucoup d’amour. Dans le spectacle, on met l’accent sur les choses insolites et drôle surtout.

 

©cyrus atory

Tu as deux passeports avec toi sur scène : c’était important pour toi ? 
Même si j’ai très peur de les perdre quand même, j’avais très envie d’avoir ce passeport français et ce passeport iranien avec moi pour le spectacle. Au lancement de « Je change de file », il y avait surtout des spectateurs iraniens dans la salle. Sur scène, j’aborde énormément de sujets et il y avait une question qui revenait tout le temps c’était « Les passeports que vous avez sur scène sont vraiment les vôtres ? » Ça me fait toujours rire : on galère tellement à avoir ce passeport, que les gens se demandent si je le sors à chaque fois de mon coffre fort pour le spectacle. (Rires)
 

« Isabelle Nanty a été généreuse et bienveillante avec moi »

Isabelle Nanty a eu beaucoup d’importance dans ton parcours. Tu te serais lancée dans un spectacle si elle ne t’avait pas poussée ?

Je vais te dire clairement : il y a parcours parce qu’il y a eu Isabelle Nanty ! Tu sais, encore aujourd’hui, je ne réalise pas que mon one woman show est à l’affiche… (Rires) Ce coup de pied aux fesses de sa part m’a mise en mouvement et je suis toujours dans ce mouvement. Elle a crû en moi tout de suite, j’en venais à me dire que même si elle avait lancé des carrières et accompagné plein d’artistes, je serais l’exception, la personne qu’elle a poussée et qui aura été son premier échec. (Rires) Isabelle a été tellement généreuse et bienveillante avec moi que je me suis jetée dans le bain. Pour moi, c’est un ange tombé du ciel : elle m’a coachée, elle m’a accompagnée, elle me met en scène, on ne serait pas là entrain de se parler de mon spectacle sans elle ! (Rires)

 

Tu imites Muriel Robin à merveille : qu’est ce qu’elle représente pour toi ?

(Elle prend la voix de Muriel Robin) Bien sûr ! (Rires) Je ne savais pas ce que c’était humoriste, je ne connaissais rien de la scène. La première fois que je la vois, c’est à la télévision mais je ne sais pas ce qu’elle fait en réalité, quel est son métier, pourquoi elle est sur scène. Je découvre une femme qui parle avec un aplomb incroyable et que tout le monde écoute alors que je ne comprends rien à ce qu’elle disait. Dans ma tête de petite fille, je me disais « Elle parle trop bien français, je veux parler comme elle ». J’ai toujours été très bavarde donc j’avais une urgence et une soif d’apprendre la langue. Pendant un moment, je parlais avec sa voix et j’avais l’impression d’avoir un super pouvoir ! (Rires)

 

Comment vis-tu cette interaction et cette proximité avec les spectateurs de la Comédie des Boulevards ?

Comme je raconte une histoire vécue c’est plus facile pour les échanges du moins sauf si la personne parle pendant tout le spectacle quand même… C’est super agréable de partager avec le public. Après le spectacle en plus, quand on se retrouve dehors avec les spectateurs, c’est un deuxième spectacle qui débute. On est dans la discussion, l’échange et pour moi, c’est vraiment extraordinaire. Le parcours que je raconte sur la scène avec ce spectacle, je me rends compte qu’il parle à beaucoup de gens quelque soit leur vie, leur nationalité, leur histoire… C’est très émouvant pour moi.

 

« Apprendre le français a été comme un jeu de cartes pour moi »

Tu évoques le rôle que la télévision a eu notamment dans l’apprentissage du français. Quel est le meilleur programme pour apprendre la langue ?

Tout marche bien pour apprendre, chaque personne fait son propre apprentissage. Il y a bien sûr l’école et les livres mais la télévision et la musique peuvent également accompagner ceux qui veulent apprendre le français. Regardes « Des Chiffres et des Lettres » sur France 2, tu y découvres les magnifiques mots que tu peux créer avec 8 « e » ! (Rires) Plus jeune, j’avais l’impression que l’apprentissage du français, c’était comme jouer à un jeu de cartes. J’avais plein de cartes entre les mains et c’était à moi de les utiliser.

 

On te retrouve également sur Arte dans « L’Iran dans le cœur », on y découvre ton retour au pays après 14 ans ainsi que la culture iranienne, ses valeurs, ses croyances.

C’est un très beau projet réalisé par Katrin Sandmann, je dirais même un cadeau du ciel qui m’est tombé dessus depuis Berlin. Un jour, j’ai un coup de fil de Kobalt, une boite de production en Allemagne, qui me dit qu’ils ont fait des recherches sur moi sur Google parce qu’il cherchait une personne d’origine iranienne, qui n’est pas retournée au pays depuis longtemps. Comme mon profil les intéressait, ils m’ont proposé de partir en Iran avec eux dans le cadre de cette émission. J’ai pris le temps de réfléchir à la proposition et j’ai trouvé ça super de participer à cette aventure qui m’a permis en plus de travailler avec une production d’une humanité exceptionnelle. Avec Elnaz Sadoghi, qui vit à Berlin, on est parti sur les routes de l’Iran. Quelle chance j’ai eu que l’on me propose ce magnifique documentaire. J’ai été très émue lors de ce tournage… Merci Arte et merci Kobalt !

 

©cyrus atory

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L’Interview Hashtag de Sarah Doraghi

R# Pour une adaptation de ton spectacle au cinéma, avec qui ça MATCHERAIT pour incarner ta mère et tes sœurs ?

SD# Monica Bellucci pour ma mère parce qu’elle est sublime. Pour ma grande sœur, je choisirais Zabou Breitman et pour l’autre Maïwenn. Ce serait un bon casting !

 

R# On te propose un duo en chanson avec Faramarz Aslani : tu LIKES ou tu NEXTES ?

SD# Je suis fan absolue donc je like mais je serais tellement angoissée que je le ferais avec la voix de Muriel Robin ! (Rires) D’ailleurs, j’en profiterais pour rappeler à Faramarz que sa chanson « Divar » a été inspirée de l’histoire de ma mère, ce serait sympa qu’il pense à la mentionner non ? Ce n’est pas très grave mais je le dis quand même.

 

R# Si tu pouvais écrire un spectacle pour William Leymergie, qu’est-ce que tu aurais envie de PARTAGER ?

SD# William est un acteur incroyable, il peut tout jouer. J’adorerais que l’on adapte « Télématin » en spectacle.

 

R# L’ambassadeur de l’Iran que tu ajouterais à tes FAVORIS : Kyan Khojandi ou Marjane Satrapi ?

SD# Je les adore vraiment tous les deux mais je dirais Marjane Satrapi parce qu’elle a donné au monde entier une nouvelle image de l’Iran.

 

R# Qui recommanderais-tu sur les RESEAUX SOCIAUX ?

SD# Loïc Prigent, il me fait beaucoup rire, il est formidable !

 

R# Que choisirais-tu en HASHTAG de fin ?

SD# Tu sais quoi, je mettrais #Rashtag pour que les gens puissent venir voir ton site !

 

R# Merci beaucoup, on va dire #JeChangeDeFile parce qu’on a adoré ton spectacle.

 

Affiche Sarah Doraghi

« Je change de file » avec Sarah Doraghi, les jeudi et vendredi à 19h à la Comédie des Boulevards à Paris. Le spectacle est mis en scène par Isabelle Nanty et Sharzad Doraghi-Karila. Vous pouvez également retrouver Sarah dans le documentaire « L’Iran dans le coeur » sur ARTE et dans « Télématin » sur France 2.

 

Pour suivre l’actualité de Sarah Doraghi, rendez-vous sur les réseaux sociaux : 

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Sarah Doraghi & Rachid Jelti

Que pensez-vous des sujets abordés dans le spectacle « Je change de file » ?

 

Avez-vous déjà vu Sarah Doraghi sur scène ?

 

Vous pouvez réagir sur www.rashtag.fr ainsi que sur les réseaux sociaux sur notre compte @Rashtagmedia

 

(Merci à l’Hôtel Providence, 90 rue René Boulanger 75011 Paris)

 

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