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(c) Martin Lagardère

Interview Bun Hay Mean « La scène, c’est comme faire l’amour »

#BunHayMean #ApolloThéâtre #ComedyClub #JamelDebbouze #Kheiron #KyanKhojandi #YacineBelhousse #MisterV #Hiboux

Bonjour Bun. Merci de répondre aux questions de Rashtag. Tu es sur scène à l’Apollo Théâtre et dans ton spectacle tu parles entre autres de tes relations avec les femmes. Faire du one man, ça aide pour choper ?

Effectivement, je parle des relations avec les femmes. Faire du one man show, ça aide dans la mesure où tu prends de la confiance et un mec qui commence à avoir confiance en lui, ça plait aux femmes. Alors oui, on peut dire que c’est cool !

 

Tu évoques le fait que tu préfères que l’on te fasse des bisous plutôt que l’on t’applaudisse. Tu as vécu des situations insolites suite à cela ? 

Une fois, il y a une meuf qui est montée sur scène pour m’embrasser. C’est véridique ! (Rires) Après, je ne vais pas mentir, j’aime les bisous et surtout j’ai envie de placer l’humain au centre de tout. A la sortie du spectacle, à chaque fois que l’on prend une photo avec moi ou que l’on vient me voir, je demande le prénom de la personne : c’est toujours bizarre de se dire que les spectateurs te connaissent et toi non. Ils viennent à ma rencontre donc pour moi c’est super important d’aller également vers eux.

 

 « Le spectacle repose sur le public autant que sur moi »

A plusieurs moments sur scène, tu interagis avec les spectateurs. Pour être tranquille, il vaut mieux ne pas se mettre au premier rang on est d’accord ?

Ce n’est pas vraiment une question d’être tranquille à vrai dire. Pour moi, la scène c’est comme faire l’amour, il faut un partage : le spectacle repose sur le public autant que sur moi. En plus, je n’ai jamais eu trop de problème avec les spectateurs sauf une fois lorsque je jouais au Comedy Club. Un mec dans la salle avait réservé une table, une bouteille de champagne, il avait trois meufs autour de lui et quand j’ai commencé à jouer avec lui, il n’a pas trop aimé. Il s’est énervé, il a commencé à m’insulter, à retourner la table et il a été mis dehors. (Rires)

 

Tu n’hésites pas à vanner, on a l’impression qu’il n’y a pas de limite.

Je vais te dire : ma seule limite, c’est d’être marrant. Je peux comprendre que tel ou tel sujet puisse davantage toucher ou au contraire choquer certains spectateurs. A partir du moment où moi je trouve ça marrant, ça me va et ça plait au public. Je fais ce métier depuis dix ans et je me rends compte avec le temps que les spectateurs dans la salle me ressemblent et qu’ils rient des mêmes choses que moi.

 

Comment choisis-tu les sujets que l’on retrouve sur scène ?

C’est assez compliqué parce qu’à partir du moment où un sujet m’inspire, il faut aussi que j’arrive à le traiter avec humour. Sur scène, j’évoque par exemple la notion de démocratie mais j’ai eu du mal à identifier le bon angle. Aujourd’hui, avec internet et la télévision on se rend compte que tout le monde peut s’exprimer. Mais à partir du moment où tu dis une connerie, il faut que quelqu’un te le dise et que tu sois prêt à l’entendre pour remettre en place les choses. Dans mon spectacle, je parle par exemple de Baptiste Giacobonni ou Giabiconni je sais plus (Rires) et tu sais son tweet sur le 14 juillet. Le gars dit une connerie, c’est pas grave, ça peut arriver mais il faut qu’on lui dise et qu’il soit prêt à reconnaître sa connerie…

 

« Le passé n’existe plus, le futur n’existe pas encore donc je suis dans le présent »

A de nombreux moments, tu abordes des sujets engagés autour de la religion, de l’homosexualité, de la France et de la citoyenneté. Etre humoriste et être engagé, c’est important ?

Je ne veux pas dire que je suis engagé, je préfère dire que je suis citoyen. Le stand up pour moi est une prise de parole et un moment où tu as des choses à dire. Pour le coup, être citoyen c’est ça : parler aux gens, échanger ensemble et faire en sorte de mieux vivre. La scène sert aussi à faire avancer les choses.

 

Dans ton spectacle, tu parles de ton conseiller d’orientation. Si tu croisais, tu lui dirais quoi ?

Je lui dirais « cheh » ! (Rires) Quand je lui ai dit que je voulais être humoriste, il m’a répondu que ce n’était pas un métier et que compte tenu de mes bonnes notes, je devrais faire plutôt un Bac S… Pour moi, un métier c’est quand tu te lèves et que tu vas travailler avec le kif. Sinon c’est un job, un truc alimentaire.

 

On te sent très libre sur scène, on a déjà essayé de te réduire cet espace de liberté ?

Il y a plein de gens qui m’ont dit ou qui me disent encore aujourd’hui que je devrais faire attention à ne pas parler de ceci ou de cela parce que ça pourrait être mal interprété ou autre. Je ne suis pas dans le calcul mais dans l’impro : le passé n’existe plus, le futur n’existe pas encore donc je suis dans le présent ! Hier, je testais un sketch dans un bar et j’ai lancé la phrase « Vous ne pensez pas que Dieu est un fils de pute ? ». C’est quelque chose qui a bloqué et ce n’était visiblement pas le bon angle. (Rires)

 

« J’aime les humoristes qui écrivent à l’encre de leurs couilles » 

Tu as participé au Comedy Club de Jamel, qu’est ce que tu retiens de cette expérience ?

C’était une très bonne expérience merci Jamel milles fois de nous avoir permis d’avoir une audience. Avant, on n’avait pas de public, on jouait dans des salles de quinze à vingt personnes. Quand j’ai connu Fabrice Eboué, il galérait au Théâtre des Blanc Manteaux devant quatre à cinq spectateurs parfois… Le fait que Jamel ait créé le Comedy Club, où des gens qui n’avaient pas la parole puissent s’exprimer, c’était une chance pour nous. Après, il faut être vigileant je pense pour ne pas tomber dans la facilité dans le stand up qui évoque les parents, la pauvreté, la cité ou le communautarisme quelqu’il soit.

 

J’imagine que tu suis ce que font d’autres humoristes. Quels sont ceux qui te font rire ?

Mon « akama », ça veut dire compagnon en japonais, c’est Kheiron ! Il est très fort. J’aime beaucoup aussi des gens comme Yacine Belhousse, un génie de l’absurde, Kyan Khojandi ou encore Blanche Gardin. Ces quatre personnes-là écrivent à l’encre de leurs couilles et j’aime ça. Ce qui me touche, c’est la sincérité de l’humour qui est là pour dédramatiser nos plaies et nos peines.

 

Arthur, Julien Courbet ou encore Cauet qui font des one man show, ca t’inspire quoi ?

C’est une très bonne chose ! A partir du moment où ils veulent se faire un kif et monter sur scène, il faut qu’ils le fassent.

 

Et toi, tu as des envies de faire de la télévision ?

Non, je n’en ai pas envie. Je trouve que la télévision est très intrusive, tu rentres chez les gens, ils entendent ta voix, regardent ta tête alors qu’ils n’ont pas forcément envie. Je préfère Youtube, Netfix, Internet où les gens choisissent ce qu’ils veulent voir ou entendre.

 

Passons à l’Interview Hashtag.

 

(c) Push Talents / Martin Lagardère

(c) Push Talents / Martin Lagardère

L’Interview Hashtag de Bun Hay Mean

R# « Nous 3 ou rien », le film de Kheiron : tu partages ?

BHM# Je le partage de ouf, je pense même prendre un abonnement UGC pour aller le voir un million de fois.

 

R# Entre Eminem et Macklemore : qui ajouterais-tu à ta playlist ?

BHM# Macklemore ! Eminem a changé le rap game il y a une vingtaine d’années mais Macklemore a apporté une espèce de fraicheur dans le côté participatif de sa musique.

 

R# Grands Corps Malade prépare son premier film « Patients » : tu retweetes ?

BHM# Oui, je retweete, Grands Corps Malade c’est un grand cœur de fou.

 

R# Entre Cyprien et Mister V : quel youtubeur tu likes le plus ?

BHM# Mister V, j’aime bien parce qu’il a un plus gros sexe (Rires) et qu’il le montre souvent… Un sexe avec une moustache. (Rires)

 

R# Avec quel humoriste, ça matcherait le plus pour former un duo ?

BHM# Kheiron !

 

R# Les derniers mois de la vie de Michael Jackson adaptés dans une série : quel commentaire cela t’inspire ?

BHM# Ca s’appelle « Urgences » non ? (Rires)
 
R# Quelle personne recommanderais-tu sur les réseaux sociaux ?
BHM# Ricky Gervais, un anglais qui fait du stand up.
 
R# Qui est la dernière personne que tu as suivie ?
BHM# M Pokora, il est venu voir le spectacle récemment.
 
R# Qui est la dernière personne qui t’a suivi ?
BHM# M Pokora aussi.
 
R# Quel mot mettrais-tu en hashtag pour conclure ?
BHM# Je dirais #Hiboux.
 
R# Merci beaucoup.
BHM# Merci à toi Rashtag.
 

(c) Push Talents / Martin Lagardère

(c) Push Talents / Martin Lagardère

« La Légende de Bun Hay Mean » le samedi à 21h30 à L’Apollo Théâtre à Paris. Pour réserver vos places rendez-vous sur le site officiel du théâtre sur ce lien. Vous pouvez également suivre Bun Hay Mean sur les réseaux sociaux :

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Rachid Jelti & Bun Hay Mean

 

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